Créé en 1994 au Palais Garnier, Le Parc est l’une des œuvres les plus connues et aimées d’Angelin Preljocaj.
Sur la musique des œuvres pour clavier de Wolfgang Amadeus Mozart, le chorégraphe imagine un ballet où la passion amoureuse se déploie dans des jardins à la française. Le Parc explore les mécanismes de la séduction avec une sensualité et virtuosité.
Angelin Preljocaj, un chorégraphe contemporain avec un héritage classique
Né en 1957, de parents albanais, Angelin Preljocaj commence par étudier la danse classique avant de se tourner vers la danse contemporaine auprès du chorégraphe contemporain Karin Waehner. En 1980, il part à New York et travaille notamment avec l’américain Merce Cunningham.
De retour en France, il danse auprès de Dominique Bagouet avant de fonder sa propre compagnie en 1984, le Ballet Prejlocaj.
Sa danse se construit autour du style contemporain, cependant on y observe le maintien d’un héritage classique en particulier dans son Lac des cygnes (cf, les Lac des cygnes à voir une fois dans sa vie).
En 1994, il reçoit une invitation de Brigitte Lefèvre (directrice de la danse de l’Opéra national de Paris) pour créer une œuvre destinée aux danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris : ce sera Le Parc, sa première création pour la compagnie mondialement connue.
Une création pour le Ballet de l’Opéra de Paris
Le Parc est créé le 9 avril 1994 à l’Opéra Garnier, avec le corps de ballet de l’Opéra national de Paris et les Étoiles Isabelle Guérin et Laurent Hilaire. La musique de Mozart accompagne les 22 interprètes dans cette histoire de rencontre, de découverte des sentiments et de passion.
La pièce reçoit rapidement une reconnaissance internationale. D’ailleurs, Angelin Preljocaj obtient le Benois de la danse en 1995 pour Le Parc.
Une « Carte du Tendre » chorégraphique
L’intrigue du Parc s’inspire de la littérature française du XVIIᵉ et du XVIIIᵉ siècle, de La Carte de Tendre de Madeleine de Scudéry et aux Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Le ballet transpose ces jeux amoureux littéraires et fabtasmés de l’époque dans une chorégraphie contemporaine.
L’action se passe dans un jardin à la française où hommes et femmes se rencontrent, se désirent, se fuient et, finalement, se rapprochent.
Au fil de la pièce, une jeune femme et un homme vont, progressivement, se démarquer des autres danseurs et se rapprocher. Ainsi, les personnages traversent les différentes étapes de la passion : la rencontre, le désir, la séduction, le refus, puis finalement l’abandon total.
Le fameux pas de deux final, dansé sur l’Adagio du Concerto pour piano n°23 de Mozart, constitue l’aboutissement intense de cette histoire. Après les jeux et les résistances, les deux amants peuvent enfin se laisser aller à leur désir pour l’un et l’autre. Le baiser aérien est le climax de la scène : les deux danseurs s’embrassent et tournent dans les airs sur le thème émouvant de la musique de Mozart.
Pour la Story de la danse, la meilleure interprétation de cet instant mythique de la danse contemporaine réside dans le talent de Dorothée Gilbert et Guillaume Diop. Grâce à leur alchimie et leur virtuosité naturelle, les deux danseurs arrivent à arrêter le temps dans ce moment suspendu.
Quand la danse devient un jeu amoureux
Avec Le Parc, Angelin Preljocaj questionne surtout « le cheminement des passions et la guerre des sexes ». Il résume lui-même l’esprit de son ballet par une formule simple : « Jeux de l’amour, dans un jardin français ».
Ainsi, derrière ses jardins élégants et ses costumes raffinés, Le Parc révèle une vision beaucoup plus contemporaine de l’amour.
Angelin Preljocaj y observe les rapports de pouvoir, la fragilité du désir et cette étrange danse qui précède toujours l’abandon amoureux.
Le Parc – Alice Renavand & Mathieu Ganio – c – Yonathan Kellerman

